Cameroun : « Oui à la subvention agricole»

Il est difficile de fertiliser ces sols et de faire le labour sans subvention(c)rubenetienne

Les options du gouvernement pour le développement, l’emploi et la croissance placent le développement rural au cœur du Document de stratégies pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). A cet effet, certains ministères plus que d’autres sont intimement impliqués dans le développement des régions rurales. Le ministère de l’agriculture et du développement rural (MINADER) qui a la charge de la gestion des coopératives est le premier concerné. Le ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) occupe un large pan des activités de l’économie rurale. Dans cette liste non exhaustive, il y a aussi le ministère des forêts et de la Faune (MINFOF), le ministère des Petites et Moyennes Entreprises (MINPMEESA), le ministère de la promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) et le  ministère du Commerce pour ne citer que ceux-là.

Dans le cadre de leurs missions régaliennes à savoir le développement de l’économie sociale, la Promotion et l’encadrement des PME, la Promotion de l’esprit d’entreprise et de l’initiative privée, la Promotion des produits des PME, la structuration des organisations professionnelles rurales vers plus de compétitivité…les arguments qui plaident en faveur de l’accompagnement des exploitants agricoles et de leurs coopératives ne manquent pas. . Nous vous présentons la réaction de quelques leaders du mouvement paysan au Cameroun en rapport avec la problématique de la subvention des chaînes de valeurs agricoles.

 « Nous attendons que l’Etat nous ouvre plus d’opportunités vers la transformation de la fève de cacao »

M. DANG A KORO - PCA COPAM COOP-CA du Mbam(c)capt_agricnewsM. DANG A KORO -  PCA COPAM COOP-CA du Mbam: “Nous produisons du cacao dans le Mbam. Notre problème, c’est de nous arrimer aux normes actuelles de fonctionnement des coopératives telles que prescrites par le gouvernement. Sur le terrain, après plus de dix ans d’activités, on s’est rendu compte que les producteurs ne bénéficient pas du fruit de leur travail. Nous attendons de cette plateforme qu’elle nous ouvre plus d’opportunités vers la transformation car la fève de cacao vendue après la fermentation et le séchage ne rapporte rien. Il faut consolider les acquis et améliorer le management de nos coopératives. »

 

« Nous souhaitons que notre plateforme porte le plaidoyer auprès de l’Etat pour qu’il subventionne les coopératives. »

M. Nyemb Innocent, SOCOOPASAA Dibang(c)capt_agricnewsM. Nyemb Innocent, SOCOOPASAA Dibang:“Nous sommes spécialisés dans l’agroalimentaire et l’agroindustriel. Nous espérons rentrons avec beaucoup d’informations qui puissent permettre à nos coopérateurs de mieux gérer leur structure.  Nous sommes venus apporter notre soutien à cette jeune plateforme qui sera désormais notre structure faitière. Nous souhaitons qu’elle porte le plaidoyer à l’Etat pour qu’il soutienne financièrement les coopératives qui se sont alignées aux normes Ohada. Nous pensons qu’il faut mettre en place un comité de suivi à la suite d’une convention entre Coop Cameroun – L’ETAT et les partenaires internationaux.

 « Nous pensons qu’une assistance financière aux coopératives est nécessaire car les coopératives sont en train de s’éteindre. » 

vlcsnap-2018-06-17-04h39m45s43M. Nyemeg Biyaga Jean Cedrix, PCA SODIMESS COOP-ca(c)capt_agricnewsM. Nyemeg Biyaga Jean Cedrix, PCA SODIMESS COOP-ca:« Sodimess est une coopérative de santé dont l’objectif est de se rapprocher des producteurs agropastoraux. Nous attendons de ce congrès qu’il mette en place une stratégie et un plan de travail. Nous leur apportons notre modeste contribution. Nous pensons qu’il doit déboucher sur une assistance aux coopératives en termes de financement mais aussi en termes de stratégies de développement car les coopératives sont en train de s’éteindre. 

 

 «Les coopératives sont incapables de préfinancer les producteurs. C’est pourquoi le gouvernement doit intervenir et nous appuyer financièrement. »

M. Ossono Abah Pierre, DG SOCOPA COOP -CA(c)caopt_agricnewsM. Ossono  Abah Pierre, DG SOCOPA COOP -CA:« Notre coopérative exerce depuis 2006. La principale difficulté est au niveau de la commercialisation. Les coopératives au Cameroun ne sont pas autonomes financièrement malgré la multiplication des achats groupés et des ventes groupés.  Nous avons bénéficié de plusieurs financements dont un de 13 millions remboursables mais deux ans la microfinance Fiffa a fermé, emportant nos épargnes. Les revendications n’ont pas abouties. Pourquoi nous allons vers les coxeurs. La rentrée scolaire est fixée en septembre, quelques rares plantations portent déjà des fruits. Certains les cueillent et vendent le cacao humide, à peine fermenté. Difficile de financer la rentrée scolaire dans ces conditions. C’est vers le mois d’octobre que la plupart des parents mobilisent des moyens pour inscrire les enfants et acheter les fournitures scolaires. Les coopératives sont incapables de préfinancer les producteurs. C’est pourquoi le gouvernement doit intervenir et nous appuyer financièrement. »

 Propos recueillis par Ruben Etienne – Florence Esther – Paul Mvondo/Agricnews

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