L’Etat qui donne les fonds n’a pas à faire la promotion des EMF

Réprésentants de l'Etat et gestionnaires de microfinance se font face(c)rubenetienne

 

Au Cameroun, le développement du secteur rural fait face au problème récurent d’offre de services financiers adaptés aux besoins des exploitants agricoles et au caractère particulier de leurs spéculations.  Nous venons d’assister au congrès des coopératives et la plupart des producteurs nous ont déclaré qu’ils ignoraient que certains EMF bénéficient de fonds publics pour leur proposer des crédits .Qu’est-ce qui est fait pour diffuser auprès des opérateurs économiques des régions rurales la liste complète des établissements qui bénéficient de l’appui des Fonds publics pour leurs caisses, sinon pourquoi ne pas rendre obligatoire cette déclaration au grand public ?

 Les EMF, partenaires de l’Etat ne respectent pas l’obligation de visibilité

Dans les exigences qui déterminent les conditions d’éligibilité, il y a certes l’obligation de visibilité de l’EMF qui est assez forte. Les EMF éligibles sont des établissements de microfinance (EMF) effectivement implantés sur le terrain et qui ont des agences en zones rurales. L’Etat ne peut pas se substituer à eux pour faire leur publicité. C’est aux EMF qui jouissent gracieusement des fonds de l’Etat de faire la promotion des crédits subventionnés par le gouvernement. Il ne s’agit pas de dire que le crédit sera emprunté au taux zéro. Mais l’EMF doit aller vers ses clients avec d’autres arguments que de dire « venez emprunter ». 

 La cible finale du PADMIR

La cible finale du projet d’appui au développement de la microfinance rurale (PADMIR), c’est les populations rurales prises dans leur ensemble. Mais un accent tout particulier est mis sur les groupes dits défavorisés par mis lesquels il y a les jeunes, les femmes et les handicapés.  Les cibles économiques, ce sont les petits producteurs, les producteurs moyens en un mot les exploitants agricoles.  Dans le cadre de l’action du PADMIR, les établissements de microfinance ne sont qu’un moyen, on pourrait encore dire un canal pour acheminer le service financier. Toutes les études qui sont conduites et les activités qui sont menées par le PADMIR visent à assainir ce canal afin qu’il soit permanent pour que l’exploitant agricole y trouve régulièrement un service financier adapté à ses attentes.

 La stratégie du PADMIR pour atteindre la cible et sa mission

Le PADMIR au cours de cette seconde phase va s’appuyer sur les acquis de PADMI I en renforçant le savoir-faire des EMF mais surtout en renforçant leurs capacités opérationnelles. Les établissements de microfinance sont ce que l’on appelle dans le jargon financier l’offre. C’est l’EMF qui va vendre aux exploitants agricoles les produits financiers conçus et expérimentés sur le terrain pour s’assurer qu’ils répondent aux attentes des entrepreneurs agricoles. Le projet doit donc concevoir, expérimenté, et proposer à la diffusion des services de qualité et permanents. L’autre mission du PADMIR II, c’est de sensibiliser les bénéficiaires à faire des demandes, à rechercher les produits dont ils ont besoin.

   De manière simple, l’offre vient répondre à la demande donc si la demande est faible, l’EMF tourne à vide. On peut toujours espérer que l’éducation financière que prône le PADMIR va pousser les exploitants agricoles vers les établissements qui ne font rien pour que la manne leur tombe du ciel. 

Ruben Etienne / journaliste Agricnews

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