Le Fonds de Facilitation créé par le PADMIR a été un bon test

La filière volaille a largement bénéficié des financements du Fonds de Facilitation (c)rubenetienne

Le fonds de facilitation qui a été mis en place a placé 500 millions FCFA dans les activités économiques du secteur rural. C’est une initiative du PADMIR qui a été testée avec succès lors de la première phase du projet. Sélectionné après une manifestation d’appel à candidature, le groupe canadien Des Jardins Développement Industriel (DID) a géré le Fonds de Facilitation de 2014 à 2016. Il est bon de livrer au public quelques résultats techniques obtenus par cet outil de financement aux projets ruraux.

Qu’est-ce que le Fonds de Facilitation?

Fidèle à sa stratégie du faire-faire, le projet de développement de la finance rurale (PADMIR) a confié la gestion du Fonds de Facilitation à l’assistance technique canadienne du groupe Desjardins Développement Industrie (DID). Cette expérience a duré trois ans, de 2014 à 2016. Elle a obtenu des résultats satisfaisants.  L’objectif était de constituer un fonds de refinancement pour les établissements de microfinance.  Cet objectif a été atteint.

 Pourquoi le Fonds appuie-t-il directement les EMF ?

Les EMF empruntaient auprès du Fonds de Facilitation une partie du montant servant au financement des projets de leurs clients (35%). Le reste venant de leur propre investissement (65%). Le projet ne s’immisçait pas dans la gestion courant de l’EMF. Seuls les résultats parlaient. Le client (l’exploitant agricole) dépose sa demande de crédit.Le gestionnaire des comptes applique les mêmes règles, en vigueur dans tous les établissements de microfinance. Si le projet est jugé recevable, le crédit est attribué.


Qu’est-ce que le Fonds finance ?

Il finance les achats d’équipements et les infrastructures liés à la production, au stockage, à la conservation, à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation. Pour citer quelques exemples d’équipements et de matériels, il y a les moulins, égreneuses, décortiqueuses, pressoir à huile, savonneries, mais aussi des machines diverses pour la production, l’emballage ou le transport.

Dans les infrastructures, il y a l’implantation des fermes d’élevage, des unités de transformation de produits agricoles, les unités de production d’aliment pour volaille et bétail.

Mais le Fonds a aussi financé des projets d’extension de plantations pérennes telles que des cacaoyères, caféières, les vergers…

Quels sont les critères d’éligibilité d’un EMF,

L’EMF doit être effectivement implanté dans les zones touchées par le Padmir. Il doit cibler les populations rurales. Il doit exister et avoir des activités continues depuis au moins deux ans (02). Par ailleurs, il doit respecter les normes de gestion de la COBAC et être jugées rentable sur les deux dernières années. Il doit présenter un faible taux de portefeuille à risque et disposer d’un système d’information fiable.

Les résultats du Fonds de Facilitation sur la période 2014-2016

 500 000 000 CFA (cinq cent millions) ont été financé et les remboursements se sont faits régulièrement. Les analyses montrent que les crédits étaient majoritairement donnés aux producteurs de volaille et de porcs, soit un taux de 75%. Mais, la grippe aviaire et la peste porcine ont eu raison de ces investissements. Ce phénomène extérieur qui ne dépendait pas de la bonne volonté du bénéficiaire ni de l’EMF a entamé le taux de remboursement en cours qui est redescendu autour de 85% au lieu de 95% exigé.

Le PADMIR a retenu la leçon. Pour prévenir de nouvelles calamités naturelles, le projet va signer une Assurance calamité et une Assurance Vie avec le groupe Assurance Activa. Des mesures coercitives sont donc prises les fonds investis ne disparaissent pas avec les flots.  Une nouvelle structure de financement va démarrer en juillet 2018 avec la mise en place des bases de refinancement et un plan d’affaire conséquent.

Ruben Etienne / journaliste Agricnews

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