Les conditions d’une relance de la cacaoculture à Bouraka selon les producteurs

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Les producteurs de cacao de Bouraka ont trouvé une plateforme pour s’adresser à leurs ministères de tutelle. Ils ont demandé aux reporters de la Revue de l’Economie Rurale / Agric-infos de transmettre à M. le Ministre de l’agriculture et du développement rural, Henri Eyebe Ayissi toutes leurs doléances et de disséquer les conditions de relance de la cacaoculture à Bouraka. Mission accomplie.

 Même si les opérations de production et d’entretien des champs relèvent de la responsabilité directe des producteurs, l’Etat et les ministères de tutelle, notamment le ministère de l’agriculture et du développement rural (MINADER), le ministère de l’élevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA), le ministère de la faune et des forêts (MINFOF), le ministère du commerce (MINCOMMERCE), le ministère de l’économie et de la planification (MINEPAT), la liste n’est pas exhaustive, ont aussi leur part de responsabilité. Ils doivent veiller à améliorer de façon permanente le cadre de vie des producteurs agricoles par la mise en place d’infrastructures appropriées de stockage et de transport en milieu rural. Ces ministères de tutelle doivent contribuer au renforcement de leurs capacités techniques et à une meilleure structuration de leurs organisations.

 « Nous souhaitons que le planteur de Buraka bénéficie d’un meilleur encadrement de proximité. »

M. Boulonmegue, ingenieur aquacole, producteur de cacao, membre du JAAB(c)rubenetienne_2018Itw. M. Bouloumegue Nkoume Michel, ingénieur aquacole et cacaoculteur de Bouraka 

« Je suis ingénieur en aquaculture mais actuellement je suis membre du groupe JAAB car je suis aussi producteur de cacao. Les conditions de travail du planteur de cacaoyers dans la région de Bouraka sont assez difficiles. Hormis les difficultés liées au suivi de nos plantations, la gestion post-récolte de nos produits est pour mal le point crucial. Tout d’abord, il faut citer les pistes cacaoyères qui ne sont plus entretenues et l’instabilité des prix bord champ qui laissent le producteur à la merci des exportateurs et des coxeurs. Le planteur abandonné à lui-même par les agents du ministère de l’agriculture ne peut pas maitriser tout seul, tous les itinéraires techniques de la pépinière à la fermentation et au séchage. Nous souhaitons que le planteur de Bouraka bénéficie d’un meilleur encadrement de proximité. Je me souviens que les encadreurs sillonnaient les plantations quand j’étais enfant mais aujourd’hui, plus personne ne s’en préoccupe.  

 « Nous regrettons vraiment le temps de nos parents où les agents du service de l’agriculture accompagnaient nos parents de la pépinière jusqu’à la commercialisation.»

M. Beling, producteur, membre du JAAB(c)rubenetienne_2018Itw. M. Beling Jean Claude, agriculteur et cacaoculteur de Bouraka 

 « Les problèmes que nous rencontrons vous ont été exposés par les anciens. Moi j’ai hérité  d’un demi-hectare de mon père mais je manque d’encadrement pour l’exploité convenablement. Nous regrettons vraiment le temps de nos parents où les agents du service de l’agriculture accompagnaient nos parents de la pépinière jusqu’à la commercialisation. Pour avoir de nouvelles parcelles, il faut aller très loin dans la forêt pour acheter une petite parcelle de terrain.

 " Comment peut-on transporter la production sur une moto sur une distance de 10 kms »

M. Baliama, producteur, membre du JAAB(c)rubenetienne_2018Itw. M. Baliama Guehama Benjamin  agriculteur et cacaoculteur de Bouraka 

« Vous-même, vous venez de vivre le problème des pistes sur la moto. Comment peut-on transporter la production sur une moto sur une distance de 10 kms. Le ministre du commerce dit que nous devons sécher le cacao sur des bâches mais il ne nous encourage pas avec des bâches, comment faire alors ? »

 « Il est urgent pour nous d’avoir un magasin de stockage de cacao. En ce moment, nous sommes à la recherche d’un partenaire sérieux »

M. Yakana Guy, producteur et délégué du JAAB(c)rubenetienne_2018Itw. M. Yakana Guy René , délégué du GIC JAAB, agriculteur et cacaoculteur de Bouraka 

 « Je suis le délégué exécutif du GIC JAAB. Sans nier les problèmes posés par mes camarades producteurs  agricoles, je veux quand même dire que nous bénéficions au niveau de Bouraka de l’accueil des agents du programme ACEFA. Ils ont fourni en équipements pour la lutte phytosanitaire. Je crois qu’il fallait le dire haut et fort. Les problèmes que nous avons à Bouraka ne sont pas du domaine de l’encadrement car nous avons l’encadrement. Par contre, nous avons besoin de semences améliorées et de pépinières pour pouvoir remplacer les vieilles cacaoyères.  Enfin, après la maitrise de la production, nous avons aujourd’hui le problème de stockage car un grand centre de production de cacao comme Bouraka ne dispose pas d’un magasin de stockage. Il est urgent pour nous d’avoir un magasin de stockage de cacao. En ce moment, nous sommes à la recherche d’un partenaire sérieux pour l’achat de nos produits.  

 Reportage réalisé par Ruben Etienne/Journaliste agric-infos

Mots clés : production de cacao, relance de la production à Bouraka, ministères de tutelle, MINADER, MINEPIA, MINFOF, MINEPAT, magasin de stockage, recherche de partenaires, commercialisation, achats de produits, semences améliorées de cacao