Le Savi interpelle les professionnels de la filière avicole.

Une vue partielle de la salle de conférence, SAVI(c)rubenetienne_agric-infos_0605

par Ruben Etienne – journaliste/ agricnews

 Ruben Etienne : « le SAVI 2018 s’est tenu après la crise de la grippe aviaire de 2016, et face aux pertes diverses que les opérateurs de la filière ont connues, quelle a été la réponse du gouvernement ?

M.   François   Djonou : « Cette question est importante car les rumeurs ont couru partout que l'Etat  avait  donné  des subventions pour indemniser  les aviculteurs.  Il faut dire ici haut et fort, à tous les éleveurs que L’Etat n'a rien accordé à l'interprofession  comme subvention. Nous avons suggéré au gouvernement ;de venir à l'aide aux fermiers   sous   forme   de dotation  de  maïs,   mais cette suggestion est restée sans suite. Mais comme l'Etat n'oublie pas ses enfants, il faut continuer à attendre. Il ne faut jamais désespérer. Il faut tout de même rappeler que nous avons travaillé en commission, des plans de relance ont été élaborés et sont progressivement mis en place sous l'impulsion de plusieurs ministères dont le ministère de l'élevage.

Ruben Etienne: « Depuis quelques années, vous organisez un salon international sur l'activité avicole au Cameroun. Pourquoi le SAVI, quel est son impact réel sur les producteurs camerounais ?   »

M. François Djonou «La première édition a eu lieu en 2014. Le SAVI 2018, c'est la troisième du genre. Nous, le Ministre de l'élevage et moi-même en tant que président de l'interprofession du Cameroun (IPAVIC), avons décidé d'organiser tous les deux ans ce salon. En général, il se situe au mois d'octobre. Le calendrier de cette année a été bousculé pour des raisons dues à l'environnement électoral que connaît le pays. C'est ainsi que le SAVI 2018 s'est tenu à Yaoundé les 3, 4 et 5 Mai dernier. Le SAVI connaît une évolution structurelle qu'il faut vraiment saluée. Le nombre d'exposants augmente nettement, le nombre de visiteurs aussi. Il faut savoir que l'on mesure une exposition internationale sur la qualité même de ce que l'on expose et sur la qualité des visiteurs. Car c'est des professionnels qui viennent. Le SAVI n'est pas une foire qui est ouvert aux badauds qui viennent déambuler et qui posent des questions sans intérêt. Le SAVI interpelle les professionnels de la filière avicole. Il est destiné aux acteurs nationaux et internationaux qui sont des experts dans leur domaine. Et sur ce plan, le SAVI 2018, suivant les réactions des uns et des autres a eu beaucoup de succès.

Ruben Etienne: « Quelles sont les articulations d'un tel salon pour vraiment toucher son public?   »

M. François bjonou : «Le salon est avant tout un lieu où on vient exposer donc c'est un pôle d'exposition du matériel, le savoir-faire, les dernières innovations technologiques. Mais c'est aussi un lieu d'échanges. Il y a des communications scientifiques qui interpellent tous
les acteurs. On écoute et on discute avec des experts de très haut niveau. Les aviculteurs viennent nombreux à ces ateliers et ils apprennent beaucoup. Pendant que certains sont assidus aux conférences, d'autres visitent les stands et découvrent les innovations qui peuvent être intégrées dans leur activité. Donc que ce soit en suivant les ateliers, en échangeant avec les experts ou en visitant les innovations, les producteurs avicoles apprennent et c'est pour le bien de l'ensemble de la profession.

Ruben Etienne: «Quel était le thème du SAVI 2018 et quel en est la cible?   »

M. François Djonou : « Le SAVI 2018 était placé sous le thème : « Aviculture, Jeunesse et Emploi ». Par ce thème, il était question pour nous d'interpeller notre jeunesse et d'appeler tous les jeunes qui savent si bien oser à comprendre que l'Aviculture est un grand vivier d'emplois. S'investir dans la production avicole, c'est faire du business. Il n'y a qu'à regarder les hommes et les femmes qui exercent dans cette profession pour comprendre qu'elle nourrit bien son homme ou la femme. Il n’est plus question pour tous ces jeunes qui rêvent d'un avenir prospère d'aller risquer leur vie dans la mer méditerranéenne ou dans le désert libyen dans l'espoir d'aller vivre l'aventure en Europe. Nous avons voulu montrer que si un jeune veut, il peut. Il faut seulement avoir le courage de commencer et vous gagnerez bien votre vie. C'est ce que l'interprofession, IPAVIC a voulu qu'ils retiennent du SAVI 2018. La leçon, c’est que « faire de l »Aviculture, c’est faire des affaires ».

Ruben Etienne: « Nous sortons des bassins de production de volaille et nous avons rencontré de petits fermiers qui disent : « qu'est-ce le salon va m'apporter si j'y vais », que leur répondez-vous?   »

M. François Djonou : « Je leur réponds que le salon concerne tout le monde. Que ce soit le plus petit fermier au village ou l'industriel qui est installe en ville, le salon tel que nous l'avons pensé et
actuellement implémenté, apporte toujours des solutions à tous vos problèmes d'élevage, de santé animale, de nutrition et de commercialisation. C'est l'occasion de poser tous vos problèmes et d'avoir des réponses concrètes. Au Salon international de l'aviculture du Cameroun, c'est tous les corps de métiers qui sont représentés. A titre d'exemple, le garçon qui déplume les poulets au marché pouvait acquérir une déplumeuse qui fait 10 poulets en quelques minutes au prix cadeau. Le petit éleveur de 100 poulets avait l'occasion d'acheter des mangeoires qui lui permettent de réduire le gaspillage d'aliment.

Ruben Etienne :'« Monsieur le président d'IPAVIC, à la sortie du SAVI 2018, êtes-vous un homme comblé?»

M. François Djonou : «Si c'est par rapport au SAVI 2018, je suis comblé. J'ai été très satisfait de le voir se conclure sans heurt mais surtout de voir la plupart des exposants nationaux et internationaux commémorer ensemble dans une ambiance bon enfant. C'était la fête de l'aviculture avec grand « A ». Pour terminer, je voudrais remercier le ministre Dr Taiga et toutes les autorités qui nous ont accompagnés tout au long de l'événement.

 

M. François Djonou, Président IPAVIC(c)rubenetienne_agricnews_s64Commentaire : L’impact du Salon international Avicole du Cameroun - (SAVI)

« Le SAVI connaît une évolution structurelle qu'il faut vraiment saluée. Le nombre d'exposants augmente nettement, le nombre de visiteurs aussi. Il faut savoir que l'on mesure une exposition internationale sur la qualité même de ce que l'on expose et sur la qualité des visiteurs. Car c'est des professionnels qui viennent. Le SAVI n'est pas une foire qui est ouvert aux badauds qui viennent déambuler et qui posent des questions sans intérêt. Le SAVI interpelle les professionnels de la filière avicole. Il est destiné aux acteurs nationaux et internationaux qui sont des experts dans leur domaine. ».

Notre invité : M. François Djonou, Ingénieur en technologies agroalimentaires, expertise reconnue dans la production des poussins d’un jour et dans l’alimentation pour volaille. Il est Directeur général de la Société Socavb sarl, actuellement président national de l’interprofession avicole du Cameroun (IPAVIC), contact-Douala