Une cacophonie totale dans la communication, difficile de démêler le vrai du faux

les producteurs de coton font confiance à l'agroindustrie(c)captagricnews_131

 Depuis l’ère de M Iya Mahamed, les informations relatives à la société de développement du coton (Sodecoton) dont l’Etat du Cameroun reste l’actionnaire majoritaire avec 59% sont des secrets d’Etat. La presse dans son ensemble y goûte comme à du petit lait. Chacun a ses sources et parfois elles se contredisent. Cet état de fait nous rappelle la gestion scandaleuse de la Sodecao, gérée comme une épicerie familiale par le DG Jérôme Mvondo pendant une décennie malgré les alertes d’Agric-infos.

     Des statistiques récentes, révélées par le directeur général de la Sodecoton, Mohamadou Bayero Bounou, lors de la célébration de la dernière fête internationale du travail, sont venues battre en brèche les résultats repris par plusieurs organes de presse à la fin du mini comice régional agro-pastorale de décembre 2017. Les 800 millions de francs CFA de bénéfice avancés par des sources internes à l’entreprise, à cette date sont du menu fretin à côté des résultats décisifs qu’avance aujourd’hui la direction générale de la Sodecoton. On peut par ailleurs noter que certains organes de presse sont privilégiés alors que d’autres n’ont le choix que d’aller puiser dans les confidences qui sont distillées ici et là. Les informations sur le fonctionnement et les performances de l’entreprise Sodecoton sont-elles des secrets d’Etat ?... Dans des groupes bien structurés, la demande de reportage ou d’interview relève d’une procédure bien établie. Mais dans le cadre de la Sodecoton, la rédaction du groupe de presse surtout si elle est située en zone méridionale attendra en vain une lettre notifiant un refus motivé.

     Le coton est communément appelé dans les régions septentrionales du Cameroun, « l’or blanc ». mais son exploitation à la base est l’œuvre de petits exploitants dont le nombre est aujourd’hui estimé à près de 250 000 producteurs. Ils gèrent de petites exploitations familiales dont la superficie moyenne est d’un demi-hectare. Ils sont encadrés par une organisation faitière, la confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C). La production sortie des champs est du coton-graine. Toute cette activité est supervisée en amont par la Sodecoton. La principale activité de cette entreprise est l’égrenage. Elle dispose de 09 unités d’égrenage qui lui permettent d’obtenir du coton-fibre, des huiles raffinées et des tourteaux. Pour une production de 248 150 tonnes de coton graine collecté en 2016/2017, elle n’a obtenu que 109 000 tonnes de coton-fibre. Les activités de triturage au cours de la même campagne ont produit près de 17 millions de litres d’huile de coton et de soja. Dans le même temps, la production des tourteaux destinés à l’alimentation du bétail se situe autour de 65 200 tonnes. De l’avis des analystes, ces chiffres de production ont permis à l’entreprise de relever son chiffre d’affaires autour des 122, 600 milliards FCFA.

Cette cacophonie observée dans la communication ne crédibilise pas les informations que nos reporters sur le terrain rapportent. La récente demande de reportage du groupe de presse « La revue de l’économie rurale au Cameroun / Agric-infos » adressée à M. le Directeur Général Bayero Mohamadou Bounou est jusqu’à ce jour sans suite. Mais nos journalistes continuent leur travail de collecte sur le terrain. Dans le prochain article, nous vous expliquerons comment les petits producteurs font pour survivre avec un prix d’achat du coton-graine qui est passé de 50 FCFA/kg en 1975, à 77 FCFA/kg en 1977, 100 FCFA/kg en 1982 et 150 FCFA/kg en 1986. Il est aujourd’hui de 265 FCFA/kg.

 Ruben Étienne / Grand Reporter – agric-infos

M. Bayero Bonou Mohamadou, directeur général de la Sodecoton(c)captagricnews_12Mohamadou Bayero Bonou, Directeur Général depuis 2016 de la société de développement du coton du Cameroun, a hérité d’une entreprise qui trainait comme un boulet dimportantes pertes financières, techniquement des efforts sont faits mais sa communication reste cafouilleuse.