Henri Eyebe Ayissi veut donner un coup d’accélérateur à  la mise en œuvre de l’agriculture de 2ème  génération

Henri Eyebe Ayissi manie allègrement la carotte et le bâton(c)captagricnews

 Le ministre Henri Eyebe Ayissi de l’agriculture et du développement rural reste très préoccupé par les maigres résultats glanés jusqu’à présent pour la mise en œuvre de l’agriculture de 2è génération. Il a donc reformulé les projets d’appui au développement des filières. Il a changé les hommes chargés d’impulser ces actions déterminantes. Il a redéfini les missions des projets pour plus d’efficacité. Toutefois, le bruit des chaises éjectables tous les quatre mois au ministère de l'agriculture et du développement rural (MINADER) laisse peu de place à une maîtrise parfaite des problématiques et à une bonne connaissance des dossiers aux promis. Un véritable talon d'Achille à son action.

  Les options de développement d’une agriculture de seconde génération énoncées par le chef de l’Etat à Ebolowa vont véritablement connaitre un début d’implémentation en 2019. Les ateliers et les sessions de concertation de haut niveau vont se multiplier. Leur multiplication doit apporter plus d’impulsion pour l’action directe sur le terrain. L’homme sait qu’il est attendu au tournant et dans ce cas, seuls les résultats doivent convaincre.

 Depuis 2011, on ne compte plus les rencontres de haut niveau sur le sujet. Dans ces foras, les experts nationaux et internationaux échangent, débattent, proposent des solutions à priori pertinentes mais jusqu’à présent, leur mise en œuvre démontre leur inefficacité. La mayonnaise tarde à prendre véritablement. Le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture intensive, moderne et créatrice d’emplois échoppe sur les problèmes de financement, d’équipements, de terres ou de personnes ressources. C’est que le chantier est dense.

Paul Biya avait émis un souhait, le ministère de l’agriculture a la charge de conduire la réflexion et les actions pour transformer le concept en réalité et faire bénéficier les populations camerounaises de la sécurité alimentaire dont elles rêvent. Les pénuries de riz, du sucre, de l’huile de palme… restent récurrentes. On a investit dans les fermes semencières mais les semences améliorées n’ont pas révolutionnées la production nationale. Le temps passe et on en est encore à réfléchir sur le cadre institutionnel pour l’encadrement adéquat des entrepreneurs ruraux, maillons essentiels de cette agriculture moderne. Selon le MINADER, le Cameroun est engagé dans un processus qui prend du temps. Le constat est simple : le système cultural qui a toujours fonctionné n’est plus efficace. Il s’agit de développer une nouvelle chaine de valeurs qui doit partir de la production à la commercialisation et à la consommation. Il y a donc de nombreux préalables à surmonter : 1. La maitrise de la semence, 2. L’intensification de la mécanisation agricole, 3. La création de pools d’engins dans les coopératives agricoles et dans les bassins de production, 4. La formation.

Cette nouvelle vision de l’agriculture intègre donc la notion de chaine de valeurs. Il faut désormais compter sur des programmes adaptés aux exigences d’une production intensive et soutenue. La mise à disposition des terres devrait obliger le ministère des affaires domaniales à descendre dans les champs et à s’impliquer véritablement dans cette phase de mise en place. Enfin, lors de ses vœux à la nation, le chef de l’Etat Paul Biya a rappelé les doublons dans les projets et les programmes de développement des filières. Il a déploré leur inefficacité, les passe-droits et autres attitudes négatives de ces patrons qui entravent profondément la mutation de l’agriculture du Cameroun et pourtant… le temps presse.

 Pascaline D./photoreporter – agric-infos