Les trois axes qui fondent la stratégie du PADMIR

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Dans les régions rurales, les banques commerciales n’ont pas de représentation. L’espace financier est entièrement occupé par les établissements de microfinance (EMF). Le projet d’appui à la microfinance rurale (PADMIR) a été créé par le gouvernement pour accompagner les EMF. Il est important que les producteurs agricoles, pour ne parler que de ce maillon de la filière, soient bien informés. Ils doivent savoir quel type de service financier l’établissement de microfinance qui est au détour de leur plantation ou de leur domicile peut leur offrir. Car ils ont besoin de cet argent pour mener leurs activités.

Le crédit est une motivation supplémentaire pour se fixer des objectifs de rentabilité

Mais si l’établissement de microfinance (EMF) veut que l’exploitant adhère à son officine, il doit lui proposer un service de qualité et qui répond à ses besoins. Voilà toute la problématique. Les subventions ont été introduites par le gouvernement dès les indépendances pour donner un coup de pouce à des gens qui n’avaient aucun moyen pour démarrer leur activité et devaient contribuer à améliorer leur cadre de vie. Mais s’il est question de développer une activité génératrice de revenus, le promoteur d’une exploitation agricole doit aller vers un lieu approprier et ce lieu, c’est l‘EMF, c’est la Banque. Il doit pouvoir penser son affaire, faire un projet ou un business plan, avant d’aller vers l’EMF. S’il ne l’a pas, le banquier va l’exiger avant de lui accorder un prêt. Il prendra un crédit adapté à son projet et il va le rembourser selon l’échéancier qu’il aura accepté car c’est avec l’argent qu’il redonne à l’EMF que d’autres vont pouvoir également emprunter pour investir dans leur projet.

L’argent, le nerf de l’activité économique rurale

L’éducation financière a donc pour objectif final de créer cette liaison entre l’offre et la demande, le crédit que l’on prend et l’argent que l’on rembourse. Cela donne de plus, la possibilité de prendre un autre crédit. Le financement à la carte vient compléter la maitrise des techniques culturales et des itinéraires enseignées par les agents vulgarisateurs. Ce financement qui est un contrat avec l’EMF est une motivation supplémentaire pour se fixer des objectifs de rentabilité.

Le financement de la chaine de valeurs, une plus value

Pendant très longtemps, la politique agricole s’est focalisée sur la production. L’agriculture ne s’entend plus aujourd’hui comme l’action de produire. Mais on se rend bien compte plusieurs décennies plus tard que ce maillon bien qu’étant le plus pauvre ne produit pas de plus value. Elle se situe au niveau des autres maillons de la chaine. Or il est difficile de demander à un exploitant agricole d’être à la fois producteur, transformateur, transporteur et revendeur. Il ne peut pas avec le temps s’en sortir. Il faut et il doit s’en remettre à d’autres maillons de la filière.

 Ruben Etienne / journaliste Agricnews

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