Le projet de gestion de la qualité manque cruellement d’un matériel adéquat et approprié

Une cuvette et une louche ne peuvent suffire à évaluer la qualité(c)capt agricnews

Le marché international du cacao et du café est très exigent. Depuis quelques années, le cacao camerounais est moins coté au moment où le pays met en place sa stratégie de relance de la production. Le projet d'appui à la gestion de la qualité dans la production du cacao et café (PAGQ2C) ne dispose d'aucun équipement de pointe pour crédibiliser son action auprès des producteurs. Un seau et une louche suffisent-ils?

L’amélioration de la qualité des denrées exportées, en l'occurrence le cacao et le café, doit être traitée avec la même urgence que le relèvement de la production. C’est le défi que doit relever le projet d’appui à la gestion de la qualité dans les productions cacao et café (PAGQ2C). Le challenge sera difficile à gagner à court termes, au regard des insuffisances en connaissance et en équipements de pointe pour une bonne évaluation. Ressources humaines insuffisantes, manque de véhicules, absence de laboratoire approprié. En attendant que le comité de pilotage, principal administrateur de cette structure accepte de le doter d’un matériel adéquat et approprié, la pression est plutôt mise sur les producteurs et leurs organisation à qui on reproche une mauvaise application des bonnes pratiques agronomiques, le non renouvellement des vergers, l’insuffisance de la main d’œuvre et de mauvaises pratiques post-récolte.

 Toutes ces imperfections et ces insuffisances ont un effet dépressif sur la qualité des produits proposé par le Cameroun et entrainent inexorablement sa décote sur le marché international. La stratégie du  projet d’appui à la gestion de la qualité dans les productions cacao et café (PAGQ2C) a été de créer des champs écoles dans les bassins de production. Près de 300 champs écoles ont déjà été mis en place dans les principaux bassins. Dans ce cadre, les producteurs acceptent de respecter strictement toutes les bonnes pratiques. Selon les responsables du projet, les produits qui sortent actuellement des champs écoles, véritable vitrine de ce qu’il faut faire, sont indiscutablement de bonne qualité. Mais c’est le marché qui définit la qualité d’une denrée. Alors comment expliquer que les produits des champs écoles sont mis sur le marché au même prix que le cacao ordinaire supposé « tout venant » alors qu’il présente un grade supérieur. C'est ici que le Conseil Interprofessionnel du Caco et du Café (CICC) et l'Office National du Cacao et du Café (ONCC) doivent faire valoir leurs prérogatives institutionnelles. ils doivent imposer aux exportateurs de faire une différenciation entre un cacao de grade I et un cacao de grade II. Si rien n'est fait en aval, il est illusoire de penser que le relèvement de la production seule suffira à améliorer les conditions de vie des producteurs de cacao et de café au Cameroun.

Force est de constater que le marché local est caractérisé par l’absence de normes. Le cacao est encore et toujours vendu au même prix, tout grade confondu. Les producteurs qui s’imposent le respect de contraintes supplémentaires au champ et dans les opérations post-récoltes ne voient pas du tout leurs efforts récompensés. Il y a donc quelque chose à faire de ce côté.

 J.Jony/JRI agricnews

Mots clés : Projet PAGQ2C, champs écoles, cacao grade I, gestion de la qualité dans le cacao et le café, appui des producteurs de cacao, normes de production du cacao et café, opérations post-récoltes.